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Les Rose-Croix
d'Or du XVIIe siècles.C'est en 1710, que parut à Breslau, Allemagne : “La véritable et parfaite préparation de la Pierre Philosophale de la Confrérie de l'ordre de la Rose-Croix d'Or — Die Wahrhafte und Vollkommene Bereitung des Philosophischen Steins, der Brüdeschafft aus dem Orden des Gulden- und Rosen-Creutzer”. L'auteur est Sincerus Renatus, pseudonyme du prédicateur silésien Samuel Richter, disciple de Paracelse et de Jacob Boëhme. Ce texte est un traité d'alchimie se terminant par “La Profession des Rose Croix d'Or” qui énumère 52 règles de la Fraternita Aureæ et Roseæ Crucis, Fraternité de la Rose Croix d'Or. La plupart des historiens prétend que la Fraternité décrite par S. Richter n'existait pas avant sa publication, que leurs doctrines étaient plutôt floues et reliées entre elles de façon assez lâche, et qu'ils prirent le nom de Rose-Croix d'Or. Pourtant, bien que ce texte reprenne de nombreux points d'autres ouvrages Rosi-Cruciens comme celui de Julius Sperber (pseudonyme de Julianus de Campis), “Echo der von Gott hocherleuchteten Fraternitet, des löblichen Ordens R.C. — Echo de la Fraternité hautement illuminée par Dieu de l'Ordre louable des R. C.” (Danzig, 1615 & 1620) et le “Themis Aurea” de Michaël Maier, il n'en demeure pas moins que des versions antérieures de la “Profession des Rose Croix d'Or” existaient bien avant la publication de Samuel Richter, et sont consultable dans différentes bibliothèques d'Europe de l'Est. D'autres auteurs en parlent, comme Petrus Mormius qui cite le nom de cette Fraternité dès 1630 dans son ouvrage “Arcana Totius Naturæ Secretissima — Tous les Arcanes Secrets de la Nature”, ainsi que l'Alchimiste Arnauld de Villeneuve (1238-1311 ou 1313). Cette Fraternité se développa dans toute l'Europe, en Allemagne, en Pologne, en Autriche, en Suisse, en France, en Tchécoslovaquie, aux Pays-Bas, en Angleterre & dans les pays Baltes. Les recherches contemporaines d'Alexandre de Danann prouvent que la Fraternité était beaucoup plus développée que ce qu'il n'y parait et que Sincerus Renatus aurait été en contact avec cet Ordre. Donc, contrairement à ce qui avait été dit, l'Ordre comportait de nombreux cercles et membres, mais ces derniers ne devaient pas obligatoirement être Protestants, comme le confirment “les Statuts Napolitains” de l'Ordre (1) et d'autres Statuts de différentes époques) qui font remonter l’Ordre à l'année 1542 - 1543, donc bien avant les Manifestes de 1614. Ces Statuts avancent le fait que les Frères sont Catholiques, mais que : “On prescrit qu'aucun Frère ne pose de questions à l'autre concernant sa vie, cette congrégation permettant que l'on puisse vivre selon la loi que l'on veut, sans querelles et sans disputes…” (paragraphe 2 des statuts). La Rose Croix d'Or semble plutôt prêcher la Tolérance Religieuse au profit des recherches de chacun. D'ailleurs, Franz Hartmann, dans son ouvrage, “Dans le Pronaos du Temple de la Sagesse, Résumé de l’Histoire des Véritables et des Faux Rose-Croix” au chapitre IV nommé ‘Parmi les Adeptes’, fait état d'une étrange histoire où il y aurait eu des Frères Juifs et Musulmans parmi eux… Des écrits de cette Fraternité, comme le “Thesaurus Thesaurorum Roseæ et Aureæ Crucis”, le “Testamento Consignatus Fraternitate Roseæ et Aureæ Crucis”, (manuscrits de Dresde, Hambourg et Stuttgart datés de 1580), “Testamentum der Fraternität Roseæ et Aureæ Crucis”, ne font aucune allusion à Christian Rosenkreutz. Sur ce point, nous rejoignons les points de vue de Frances A. Yates dans “la Lumière des Rose-Croix” qui voit dans les Manifestes Rosi-Cruciens du Cercle de Tübingen, un appui à la Réforme Protestante et une Union Chrétienne Européenne, et non une Société Hermétique organisée comme celle de la Rose Croix d'Or. Même Roland Edighoffer, le spécialiste Français du Cercle de Tübingen, ne voit pas une société organisée, mais de multiples influences organisées autour de la figure emblématique de Christian Rosenkreutz. Pour les descendants de cette Fraternité de la Rose Croix d'Or, les Manifestes de 1614, 1615 comme les Noces Chymiques de Christian Rosenkreutz de 1616 (attribués au cercle de Tübingen), ont été écrits par des membres dissidents des cercles de la Rose Croix d'Or ; ces derniers ayant quelques connaissances des documents qui circulaient dans la Fraternité, s'en seraient servi pour créer la Fama et la Confessio. L'allusion faite au “Frère de la Rose Croix Rouge” au deuxième jour des Noces Chymiques, serait liée aux grades de la Fraternité de la Rose Croix d'Or : • Apprenti - Novice, (RosenCreutzer) nommé Frater Roseæ Crucis.
• Compagnon - Frère ou Chevalier de la Croix d'Or, (Goldkreutzer) nommé Frater Aureæ Crucis. • Maître - Frère ou Chevalier de la Rose Croix d'Or (Gold- und Rosenkreutzer), nommé Frater Aureæ et Roseæ Crucis. Ces 3 grades sont exposés dans différents livres et manuscrits, comme “Le Siècle d'Or Restauré — Aureum Seculum Redivivum” de Henricus Madathanus, et d'autres écrits comme ceux de Robert Fludd qui aurait importé l'Ordre en Angleterre. D'autres influences marquantes se retrouvent dans toutes les formes de littératures Rosi-Cruciennes de cette époque. Les influences de la Médecine et de l'Alchimie de Paracelse, les Mathématiques, l'Astronomie & l'Alchimie de John Dee, les Alchimistes du Moyen-âge, la symbolique d'Heinrich Khunrath (1560-1605) et son “Amphitheatrum Sapientiae Aeternae — Amphithéâtre de l'Éternelle Sapience” etc., mais aussi la Cabale & la Magie. Cette branche de la Rose Croix d'Or travaillait l'Alchimie, la Magie et plus tard, la Kabbale. Les ouvrages centraux sont le “Cœlum Reseratum Chymicum” de Johann Georg Toeltius, la “Magia Divina” plus proche de la Théurgie que de la Magie, ou encore son commentaire, “Secrets Cabalistique de la Magia Divina”, “Urim et Thummim” concernant les anneaux, clochettes magiques, épée, baguette réalisés de façon Alchimique dont il est question dans la Fama Fraternitatis, ainsi que “Annulus Platonis — Aura Catena Homeri, oder physikalisch-chymische Erklarung der Natur” qui est attribué à ces Rose Croix d'Or, puis repris et commenté par les Rose Croix d'Or d'Ancien Système du XVIIIe siècle. Le fait que l'ouvrage d'Henricus Madathanus, Aureum Seculum Redivivum - le Siècle d'Or Restauré (1603), fut intégré dans “Les Figures secrètes de la Rose-Croix des XVIe et XVIIe siècle — Figuren der Rosenkreutzer” Altona 1785, créa la confusion entre la Fraternité de la Rose Croix d'Or et l'Ordre des Rose-Croix d'Or d'Ancien Système qui apparut vers 1750, mais qui fut la première structure Rosicrucienne de type Maçonnique. Certains auteurs voient néanmoins un lien entre la Fraternité de la Rose Croix d'Or et l'Ordre de la Toison d'Or. (2) Dans son essai “Aureum Vellus Oder Goldenes Vlies — La Toison d'Or” Leipzig 1749, Hermann Fictuld (1700–1777) (pseudonyme qui aurait été employé par le Baron Johann Friedrich von Meinstorff) donne une explication Alchimique de la symbolique de “l'Ordre Chevaleresque de la Toison d'Or” fondé par Philippe le Bon. Hermann Fictuld influença certainement les esprits, et sa passion pour l'Hermétisme et l'Alchimie le conduisit inévitablement vers la Rose-Croix et plus précisément vers la Rose Croix d'Or dont il fut un éminent prosélyte au XVIIIe siècle. D’ailleurs les auteurs contemporains voient en lui ‘le Patriarche’ de cette nouvelle forme que seront les Rose Croix d'Or d'Ancien Système, ce qui est fort probable, étant donné que les membres ne devaient pas parler de leur appartenance à la Rose Croix d'Or, mais pouvaient néanmoins éditer des ouvrages sur les sujets traités par la Fraternité, tant qu'ils ne transgressaient pas leurs serments de secret. C'est justement le contenu des ouvrages Alchimiques d'Hermann Fictuld. Notez qu'il ne considérait pas non plus Christian Rosenkreutz comme fondateur de l'Ordre, mais un certain ‘Christian ou Christophe Rose’. Quelques figures marquantes de la Rose Croix d'Or furent Henricus Madathanus, Johannes Rhenanus, Federico Gualdianus ou Gualdi, (3) Giuseppe Francesco Borri, Abraham Van Brün. Certains auteurs considèrent que John Dee fut en contact étroit avec ces Rose Croix d'Or, et d'autres avancent le fait qu'il en fut un de ses promoteurs, lors de ses voyages en Europe continentale, ce qui expliquerait la présence de “la Monade Hiéroglyphique” sur la page de garde des “Noces Chymiques de Christian Rosenkreutz”, tout comme son influence sur les écrits d'Heinrich Khunrath qu'il rencontra à Brême en Juin 1589. Il est intéressant de noter que le Fils aîné de John Dee, Arthur Dee (1579-1651), publia en 1631, à Paris, un traité d'Alchimie (en clair) nommé Fasciculus Chemicus, qui faisait partie des ouvrages a étudier des Rose Croix d'Or. Ce livre fut traduit et publié en Anglais en 1650 par Elias Ashmole (1617-1692), ce même Elias Ashmole qui fut reçu Franc-maçon en 1643, passionné d'Alchimie, Paracelsien convaincu qui publia le “Theatrum Chemicum Britannicum” en 1652, apprit l'hébreu, étudia la Kabbale, et fut très proche des Rose-Croix du Royaume-uni. |
![]() Die wahrhaffte und vollkommene Bereitung des philosophischen Steins der Brüderschafft aus dem Orden des Gülden- und Rosen-Creutzes, par Sincerus Renatus (Samuel Richter). 1710. ![]() Manuscrit du “Thesaurus Thesaurorum a Fraternitate Roseæ et Aureæ Crusis’ suivit de “Testamento Consignatus” daté de 1580. Archive du Collegium Rosæ-Crucis. ![]() Coelum Reseratum Chymicum oder philosophischer Tractat, par J. G. Toeltius, Frankfurt - Leipzig 1737. ![]() Azoth et Ignis. Aureum Vellus Oder Goldenes Vlies, par Herman Fictuld. Leipzig 1749 |
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Notes : (2)Voir : “Toison d'Or et Alchimie”, par Antoine Faivre, Édition Arcké, 1990. (Retour) (3) Voir : “Un Rose-croix méconnu entre le XVIIe et le XVIIe siècles : Federico Gualdi ou Auguste Melech Hultazob, prince d'Achem. Avec de nombreux textes et documents rares voire inédits pour servir à une histoire de la Rose-croix d'Or”, par A. De Danann (2006), pp. 704, illustré. (Retour) |
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